Proposée par Idées le 19 septembre 2026 · texte modifié le 19 septembre 2026

Faut-il ajuster le montant des grosses retraites ?

France entière

La question soumise au vote

Êtes-vous favorable à une contribution de solidarité progressive sur la part des pensions de retraite dépassant 3 000 € bruts par mois ?

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Le problème

Le problème n’est pas les retraités, mais la charge d’un système par répartition quand le nombre de cotisants par retraité baisse. Le choix proposé est de demander un effort au haut des pensions plutôt qu’à l’âge de tous.

Ce qui se passe si rien ne change

Le système de retraite par répartition repose sur un équilibre simple : les pensions versées aujourd’hui sont financées par les cotisations d’aujourd’hui. Quand le nombre de cotisants par retraité baisse, la charge se déplace mécaniquement vers les actifs, les futurs retraités ou les finances publiques.

Selon le COR, le ratio cotisants/retraité était de 2,1 en 2002. Il est estimé à 1,8 en 2025 et projeté à 1,3 en 2070. Cela signifie qu’à règles inchangées, chaque actif supporte une part plus lourde du financement collectif.

Le déséquilibre est déjà visible. Le COR estime le déficit du système de retraite à 5,1 Md€ en 2025, pour 422 Md€ de dépenses, soit 14,1 % du PIB. Le sujet n’est donc pas seulement moral ou générationnel : il est budgétaire.

L’effort demandé aux générations n’est pas le même. D’après les données citées par le COR, le taux de cotisation moyen est de 18,8 % pour la génération 1940 et de 28 % pour la génération 2000. Sans correction ciblée, l’ajustement retombe sur l’âge de départ, les cotisations ou les pensions futures.

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La solution

Créer par la loi une contribution de solidarité progressive, affectée au financement des retraites, uniquement sur la fraction des pensions obligatoires dépassant 3 000 € bruts par mois. Les pensions sous 3 000 € ne changent pas.

Ce qui change

La proposition crée une contribution de solidarité sur les grosses pensions de retraite. Elle ne s’applique pas à toute la pension, mais seulement à la fraction qui dépasse 3 000 € bruts par mois.

Concrètement :

  • jusqu’à 3 000 € bruts par mois : 0 € de contribution nouvelle ;
  • au-delà de 3 000 € bruts par mois : un taux progressif s’applique seulement à la part située au-dessus du seuil ;
  • au-dessus de 5 150 € bruts par mois : une tranche renforcée peut être prévue, car la DREES indique que 1 % des retraités dépassent ce niveau, avec une pension moyenne de 6 470 € dans ce groupe.

Le barème exact doit être fixé par la loi après chiffrage. Le principe soumis au vote est le ciblage : protéger les petites et moyennes pensions, et concentrer l’effort sur la partie haute.

Qui est concerné

Les retraités dont la pension totale obligatoire reste inférieure ou égale à 3 000 € bruts par mois ne paient rien de plus.

Les retraités dont la pension dépasse 3 000 € bruts par mois contribuent seulement sur la fraction supérieure à ce seuil. Une pension juste au-dessus du seuil n’est donc pas traitée comme une très grosse pension.

Les minima de pension et les petites pensions de réversion doivent être explicitement protégés par la loi.

Garanties

Les seuils doivent être indexés pour éviter qu’une contribution pensée pour les grosses pensions ne touche progressivement des pensions moyennes.

Le produit de la contribution doit être affecté au financement des retraites. L’objectif n’est pas de créer une recette générale, mais de consolider le système par répartition sans repousser encore l’âge de départ.

Application

La mesure serait mise en œuvre par les caisses de retraite, à partir d’un barème voté par le Parlement. Elle suppose un paramétrage des systèmes de versement et de prélèvement, comme c’est déjà le cas pour les prélèvements sociaux appliqués aux pensions.

Qui peut décider : Le Parlement, par une loi de financement de la Sécurité sociale ou une loi ordinaire sur les retraites.

Ce qu'il faut pour l'appliquer

La mesure demande d’abord une loi : elle doit définir le seuil de 3 000 € bruts par mois, le barème progressif, l’indexation des seuils, les pensions protégées et l’affectation de la recette au financement des retraites.

Le coût de guichet devrait rester limité, car les pensions font déjà l’objet de prélèvements sociaux comme la CSG, la CRDS et la CASA. Les caisses de retraite disposent donc déjà de circuits de prélèvement sur pension. L’enjeu principal est le paramétrage : adapter les systèmes d’information des caisses, agréger correctement les pensions concernées et appliquer le barème sans créer d’effet de seuil brutal.

Avant le vote définitif, une microsimulation officielle est indispensable, par exemple avec la DREES et les caisses, pour estimer le rendement réel selon plusieurs barèmes.

Un ordre de grandeur existe seulement pour cadrer le débat : si l’on écrêtait la seule fraction des pensions située au-dessus de 5 150 € bruts par mois, avec les données disponibles sur le 1 % des retraités les plus aisés, le rendement théorique serait d’environ 2,74 Md€ par an. Ce chiffre ne remplace pas une simulation officielle : il montre seulement que la tranche très haute n’est pas négligeable.

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Ce que ça changerait

Ce que ça devait changer

Les retraités percevant jusqu’à 3 000 € bruts par mois ne verraient aucune baisse liée à cette contribution. L’effort serait concentré sur les pensions les plus élevées : la DREES indique que 8 % des retraités dépassent 3 000 € bruts par mois. Appliqué aux 17,3 millions de retraités de droit direct fin 2024, cela représente un ordre de grandeur d’environ 1,38 million de personnes, à confirmer par microsimulation. La tranche la plus haute, au-dessus de 5 150 € bruts par mois, concernerait environ 173 000 personnes. La différence attendue est simple : financer une partie des retraites sans demander à tous de travailler plus longtemps.

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Le débat

Les arguments pour

Un effort ciblé. La contribution ne touche pas les petites et moyennes pensions. La DREES indique une pension moyenne de 1 705 € bruts : le seuil de 3 000 € vise clairement le haut de la distribution, et seulement la fraction qui dépasse ce seuil.

Une alternative au recul de l’âge. Le financement des retraites ne doit pas reposer uniquement sur l’allongement de la vie au travail. Cette proposition cherche une autre voie : demander davantage à ceux dont la pension est très élevée, plutôt que repousser l’âge de départ pour tous.

Un rééquilibrage entre générations. Les générations les plus jeunes cotisent davantage pour un système plus contraint. Le COR indique un taux de cotisation moyen de 18,8 % pour la génération 1940 et de 28 % pour la génération 2000. Préserver la répartition suppose de corriger le haut, pas d’épuiser le bas.

Une recette affectée aux retraites. La contribution proposée n’est pas une taxe générale. Elle doit être fléchée vers le financement du système de retraite, afin de maintenir la confiance dans la répartition.

L'objection

Les retraités ont cotisé toute leur vie : on change les règles après coup.

La réponse de l'auteur

La proposition ne remet pas en cause le socle des pensions et ne touche pas les pensions sous 3 000 € bruts par mois. Elle vise seulement la fraction haute des pensions les plus élevées, avec un seuil lisible, un barème progressif, des seuils indexés et une affectation au financement des retraites.

L'objection

Cela rapportera trop peu pour résoudre le problème des retraites.

La réponse de l'auteur

C’est un risque réel : cette mesure ne doit pas être présentée comme une solution miracle. Elle doit être chiffrée par microsimulation officielle. Mais le haut des pensions n’est pas négligeable : le seul 1 % au-dessus de 5 150 € bruts par mois représente un ordre de grandeur de 2,74 Md€ par an si l’on regarde la fraction supérieure à ce seuil.

L'objection

Une contribution à partir de 3 000 € risque de créer un effet de seuil injuste.

La réponse de l'auteur

C’est précisément pour cela que la contribution doit porter seulement sur la part qui dépasse 3 000 € bruts par mois. Une personne juste au-dessus du seuil ne paierait pas sur toute sa pension, mais uniquement sur la petite fraction supérieure au seuil.

L'objection

Cette mesure oppose les actifs et les retraités.

La réponse de l'auteur

Le but est l’inverse : préserver un système commun sans désigner tous les retraités. Les retraités modestes et moyens sont protégés. L’effort demandé porte sur le haut des pensions, parce que l’équilibre du système concerne aussi les actifs et futurs retraités.

Ce que l'auteur a écarté, et pourquoi

Reculer l’âge légal de départ : écarté, car l’objectif de cette votation est précisément de financer les retraites sans demander à tous de partir plus tard.

Augmenter les cotisations pour tous : écarté, car cela ferait porter l’effort sur les actifs, déjà davantage sollicités. Le COR indique que le taux de cotisation moyen passe de 18,8 % pour la génération 1940 à 28 % pour la génération 2000.

Désindexer toutes les pensions : écarté, car cette solution touche aussi les petites retraites et les pensions moyennes. Elle ne distingue pas les retraités qui peuvent contribuer davantage de ceux qui ont besoin d’être protégés.

Fixer un plafond sec de pension : écarté, car une coupure brutale serait plus fragile politiquement et plus difficile à accepter. Un barème progressif sur la seule fraction supérieure au seuil est plus lisible et plus juste.

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Qui est concerné

Retraités jusqu’à 3 000 € bruts par mois : ils sont protégés. La contribution nouvelle ne s’applique pas à leur pension.

Retraités au-dessus de 3 000 € bruts par mois : ils sont concernés uniquement sur la fraction de pension qui dépasse ce seuil. D’après la DREES, cela représente 8 % des retraités.

Retraités au-dessus de 5 150 € bruts par mois : ils pourraient porter l’effort principal avec une tranche renforcée. La DREES indique que ce groupe représente 1 % des retraités.

Actifs et futurs retraités : ils sont concernés comme bénéficiaires indirects. L’objectif est de réduire la pression qui conduit à repousser l’âge, augmenter les cotisations ou baisser les pensions futures.

Caisses de retraite : elles devront appliquer le barème, adapter leurs systèmes d’information et prélever la contribution sur les pensions concernées.

Parlement : il devra voter la mesure, fixer le barème et garantir l’affectation de la recette au financement des retraites.

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Sources et références

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Comment aider à faire connaître cette votation

Partagez la votation avec un message sobre : il ne s’agit pas d’opposer les générations, mais de protéger les retraites sans repousser encore l’âge de départ.

Texte prêt à copier-coller :

Je soutiens une votation pour protéger les retraites sans repousser encore l’âge de départ : une contribution progressive seulement sur la part des pensions au-dessus de 3 000 € bruts par mois. Les petites et moyennes retraites ne sont pas visées.

Autre message court :

Le système de retraite doit rester solidaire et tenable. Quand il y avait 2,1 cotisants par retraité en 2002 et 1,8 en 2025, l’effort ne peut pas toujours retomber sur l’âge de départ ou les actifs. Je soutiens cette votation.

À faire maintenant :

  • partager le lien de la votation ;
  • ajouter un visuel simple avec le seuil de 3 000 € ;
  • envoyer le lien à une personne active, une personne retraitée et un élu local ;
  • demander une microsimulation officielle du rendement de la mesure.

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