Proposée par Idées le 19 septembre 2026 · texte modifié le 19 septembre 2026
Faut-il interdire les publicités choquantes dans le métro ?
France entière
La question soumise au vote
Êtes-vous favorable à une charte obligeant les régies du métro à refuser les publicités qui banalisent l’humiliation, la souffrance ou la tromperie ?
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Le problème
Dans le métro, on ne peut pas tourner la page. Des campagnes jouent sur le licenciement, la détresse ou la tromperie pour attirer l’attention. Le problème n’est pas de choquer : c’est d’imposer ces messages à un public captif.
Ce qui se passe si rien ne change
Chaque jour, Île-de-France Mobilités compte 9,4 millions de déplacements. Dans le métro, les voyageurs ne choisissent ni les murs, ni les quais, ni les écrans qu’ils croisent. Le voyageur devient public captif.
Les campagnes litigieuses ne sont pas théoriques. PayFit a diffusé en 2026 une campagne jouant sur l’idée de « virer » des salariés, avec plus de 400 affichages dans le métro et 250 écrans pendant 2 semaines. Gleeden a été épinglé en 2025 par le Jury de déontologie publicitaire pour une affiche liée à la dépression.
Si rien ne change, le contrôle restera surtout un contrôle au cas par cas, souvent après plainte. Le message aura déjà été vu, commenté, photographié, partagé. Une décision après diffusion peut reconnaître un problème, mais elle ne protège pas les voyageurs pendant la campagne.
L’enjeu va même s’élargir : le contrat publicitaire du métro annoncé pour 2027 porte sur 22 000 faces en stations et 16 000 en rames. Sans règle écrite plus précise, les mêmes ambiguïtés se répéteront à grande échelle : humour, second degré ou provocation commerciale seront appréciés après coup, alors que l’exposition aura déjà eu lieu.
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La solution
Adopter une charte opposable aux annonceurs du métro, refusant avant diffusion les campagnes qui tirent leur effet de l’humiliation, de la souffrance, de la maladie, de la violence morale ou de la tromperie.
Ce qui change
La proposition consiste à adopter une charte publicitaire applicable au métro, au RER exploité par la RATP, aux couloirs, aux quais, aux rames et aux écrans numériques dépendant des régies concernées.
Cette charte serait opposable aux annonceurs : une campagne ne pourrait pas être acceptée si son ressort principal consiste à banaliser ou mettre en scène positivement l’humiliation, la souffrance, la maladie, la violence morale, l’humiliation au travail ou la tromperie.
Le second degré n’excuse pas tout dans un espace contraint. Une affiche que l’on peut éviter dans un journal, sur un site ou dans une rue ne se reçoit pas de la même manière dans une rame, sur un quai bondé ou dans un couloir de correspondance.
Les critères de refus
La charte viserait les campagnes qui tirent leur efficacité d’un des ressorts suivants :
- l’humiliation d’une personne ou d’un groupe ;
- la banalisation de la souffrance psychique ou physique ;
- l’usage de la maladie comme ressort publicitaire ;
- la violence morale présentée comme normale ou désirable ;
- l’humiliation au travail, notamment lorsqu’elle transforme la perte d’emploi en plaisanterie ;
- la tromperie ou la trahison présentée comme argument commercial positif.
Ces critères prolongent des principes déjà présents dans les règles déontologiques de la publicité, notamment sur la dignité, la souffrance et les comportements antisociaux. Ils permettent de sortir du seul mot « choquant », trop vague, pour écrire une règle contrôlable.
La procédure
Les visuels seraient examinés avant diffusion par la régie publicitaire. En cas de refus, la décision devrait être motivée par écrit, en indiquant le critère retenu. L’annonceur pourrait proposer un visuel modifié.
L’objectif n’est pas d’interdire une marque, un secteur ou une opinion. L’objectif est d’écarter certains ressorts publicitaires dans un espace où le public ne choisit pas d’être exposé.
Les exceptions
La charte ne viserait pas les messages d’information publique, de prévention, de santé ou de sécurité, même lorsqu’ils évoquent une souffrance ou une maladie. Elle ne viserait pas non plus les œuvres culturelles non commerciales lorsqu’elles relèvent d’une information sur une création, un spectacle, un livre, un film ou une exposition.
La règle porterait sur l’usage commercial de la souffrance, de l’humiliation ou de la tromperie comme moyen d’attirer l’attention dans le métro.
Qui peut décider : RATP, dans son contrat avec Métrobus/Mediatransports ; Métrobus pour l’acceptation des campagnes ; IDFM et SGP pour les nouvelles gares.
Ce qu'il faut pour l'appliquer
Le coût public direct peut être nul si la charte est intégrée aux contrats, aux conditions générales de vente ou aux procédures d’acceptation des campagnes. Ce n’est pas une dépense nouvelle, c’est une règle d’acceptation.
Les moyens nécessaires sont principalement juridiques et organisationnels : rédaction de la charte, validation contractuelle, grille de relecture et motivation des refus. La régie dispose déjà d’une étape d’examen avant diffusion : les visuels sont soumis 5 semaines avant la date d’affichage, et 2 semaines avant pour les supports numériques.
La mesure demande donc surtout d’écrire des critères plus nets et de les appliquer avant diffusion. Elle peut nécessiter un juriste, un comité de relecture ou une procédure interne renforcée, mais le dossier ne chiffre pas ce coût.
Les recettes publicitaires éventuellement perdues ne sont pas chiffrées ici. La proposition assume toutefois qu’un réseau de transport public peut refuser certains messages sans supprimer la publicité dans son ensemble.
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Ce que ça changerait
Ce que ça devait changer
Les voyageurs verraient moins de campagnes fondées sur l’humiliation, la souffrance ou la tromperie dans le métro et le RER. La différence serait visible dès les campagnes suivantes : les visuels litigieux seraient modifiés ou refusés avant diffusion, au lieu d’être contestés après coup. Une campagne de type PayFit devrait éviter le ressort du licenciement comme plaisanterie ; une campagne de type Gleeden épinglée par le JDP serait bloquée ou réécrite. L’effet pourrait concerner jusqu’à 38 000 faces métro annoncées pour 2027.
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Le débat
Les arguments pour
Un public captif doit être protégé. Les voyageurs ne choisissent pas les affiches d’un quai, d’un couloir ou d’une rame. Avec 9,4 millions de déplacements par jour en Île-de-France, une campagne dans le métro touche aussi des personnes qui ne sont pas sa cible : enfants, salariés fragilisés, personnes malades, familles, usagers en situation de stress.
Le droit existant ne suffit pas toujours au bon moment. Le Jury de déontologie publicitaire peut rendre des avis, mais il intervient souvent après diffusion et ne remplace pas une règle contractuelle claire avant affichage. Une campagne peut donc avoir produit son effet avant que le débat ne soit tranché.
La mesure est praticable. Les conditions générales de Mediatransports prévoient déjà des possibilités de refus, notamment lorsqu’une campagne peut heurter la sensibilité, porter atteinte à l’ordre public, à l’image ou au service public. La charte ne part donc pas de zéro : elle précise des critères et les rend lisibles.
Dans un lieu commun, l’affichage doit tenir compte du commun. La publicité peut rester créative, drôle, critique ou provocante sans transformer l’humiliation, la maladie ou la souffrance en argument de vente.
L'objection
« C’est de la censure morale. »
La réponse de l'auteur
La proposition ne vise pas à interdire un secteur, une marque ou une opinion. Elle ne promet pas une interdiction générale de services légaux, y compris lorsqu’ils déplaisent. Elle fixe des critères liés à la dignité, à la souffrance, à l’humiliation et à l’espace contraint du métro.
L'objection
« Le choquant est subjectif. »
La réponse de l'auteur
Justement, la charte remplace le mot « choquant » par des critères écrits : humiliation, maladie, souffrance, violence morale, tromperie. Un refus devrait être motivé par écrit, et l’annonceur pourrait proposer une version modifiée.
L'objection
« Il existe déjà l’ARPP et le JDP. »
La réponse de l'auteur
Ces références sont utiles, mais elles ne suffisent pas à protéger les voyageurs avant diffusion. Le JDP rend des avis ; la charte créerait une règle d’acceptation propre au métro, applicable avant que les affiches soient posées.
L'objection
« Les régies vont perdre des recettes. »
La réponse de l'auteur
Le dossier ne chiffre pas les recettes éventuellement perdues. Mais la mesure ne supprime pas la publicité : elle demande seulement que certaines campagnes soient modifiées ou refusées lorsque leur effet repose sur l’humiliation, la souffrance ou la tromperie.
L'objection
« L’humour et le second degré vont disparaître. »
La réponse de l'auteur
La charte ne vise pas l’humour en général. Elle vise les cas où le ressort publicitaire principal consiste à banaliser une souffrance, une maladie, une humiliation ou une violence morale dans un espace où l’on ne peut pas détourner facilement le regard.
Ce que l'auteur a écarté, et pourquoi
Déposer seulement plainte auprès du JDP : écarté, car l’avis arrive après diffusion et ne constitue pas une sanction directe. C’est utile pour documenter un problème, mais insuffisant pour éviter l’exposition des voyageurs.
Interdire toute publicité dans le métro : écarté, car ce n’est pas l’objet de cette votation. Une telle mesure poserait d’autres questions de contrat, de financement et de modèle économique, qui ne sont pas chiffrées ici.
Faire une loi nationale contre toute publicité choquante : écarté, car la notion serait trop large et risquerait de se heurter à la liberté d’expression. Le dossier propose une règle plus limitée : l’acceptation des campagnes dans un espace de transport public contraint.
Filtrer seulement les mineurs : écarté, car c’est impossible dans le métro. Les quais, couloirs et rames sont des espaces communs. Une affiche vue par les adultes est aussi vue par les enfants.
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Qui est concerné
Voyageurs : premiers bénéficiaires d’un espace moins agressif. Ils ne choisissent pas les affiches du métro, mais ils les subissent pendant leurs trajets.
Mineurs : exposés sans choix aux messages affichés dans les couloirs, les quais, les rames et sur les écrans.
Annonceurs et agences : devront tester plus sérieusement les slogans sensibles et prévoir des versions modifiables lorsque le ressort publicitaire repose sur l’humiliation, la souffrance ou la tromperie.
Mediatransports et Métrobus : devront appliquer la charte, examiner les campagnes avant diffusion et motiver les refus.
RATP, Île-de-France Mobilités et Société des grands projets : garantes de la qualité du service public et des règles applicables dans les espaces de transport concernés.
ARPP et JDP : références déontologiques utiles, mais pas décideurs du contrat publicitaire du métro.
Ceux que la pub vise ne sont pas les seuls qui la voient.
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Sources et références
- ARPP, Recommandation Image et respect de la personne, 2025 — https://www.arpp.org/nous-consulter/regles/regles-de-deontologie/image-et-respect-de-la-personne/
- Mediatransports, CGV, 2025 — https://mediatransports.com/wp-content/uploads/2025/07/CGV_MDT_202507.pdf
- Mediatransports, CGV, 2025 — https://mediatransports.com/wp-content/uploads/2025/10/CGV-MDT-v27-octobre-2025.pdf
- JDP, Gleeden, 2025 — https://www.jdp-pub.org/avis/gleeden-affichage-plaintes-fondees/
- CB News, PayFit, 2026 — https://www.cbnews.fr/marques/avec-payfit-vous-serez-vire-temps
- Île-de-France Mobilités, Financements — https://www.iledefrance-mobilites.fr/decouvrir/financements
- Le Parisien, contrat publicitaire du métro — https://www.leparisien.fr/info-paris-ile-de-france-oise/transports/le-contrat-pub-du-siecle-metrobus-garde-la-main-sur-les-pu
- Mediatransports, Métrobus — https://mediatransports.com/metrobus/
- Île-de-France Mobilités, Métrobus désigné opérateur de publicité — https://presse.iledefrance-mobilites.fr/metrobus-designe-operateur-de-publicite-en-charge-des-45-gares-des-lignes-14-sud-15-sud-16-17-et-18-du-metro-francilien/
- Service-public.fr, signaler une publicité — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/R31673
- JDP, mission — https://www.jdp-pub.org/qui-sommes-nous/mission/
- Cour de cassation, décision sur la publicité extraconjugale — https://www.courdecassation.fr/decision/5fe1b249fac1c90d42c96de1
- Légifrance, article cité — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006834682/
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Comment aider à faire connaître cette votation
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Texte prêt à copier :
« Dans le métro, on ne choisit pas les publicités qu’on subit. Je soutiens une charte pour refuser les campagnes qui jouent sur l’humiliation, la souffrance ou la violence morale. Et vous ? »
Action minute : prenez une photo floutée d’une publicité problématique, ajoutez le lieu et la date, puis partagez-la avec le lien de la votation.
L’objectif n’est pas de désigner des personnes, mais de montrer pourquoi une règle claire est nécessaire dans un espace public contraint.