Proposée par Idées le 9 septembre 2026 · texte modifié le 18 septembre 2026

🌱 EnvironnementScrutin ouvert

Faut-il interdire le polystyrène dans les emballages, y compris importés ?

France entière

La question soumise au vote

Êtes-vous favorable à l’interdiction de mise sur le marché en France des emballages et calages en polystyrène expansé, y compris pour les produits importés ?

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Le problème

Le polystyrène protège nos achats, puis reste chez nous en billes, en volume et sans solution fiable. Pour le seul calage d’électroménager, le PSE représente environ 15 000 tonnes par an, dont moins de 20 % est trié.

Ce qui se passe si rien ne change

Aujourd’hui, l’acheteur reçoit le produit, puis garde le déchet. Le polystyrène expansé de calage prend beaucoup de place, se fragmente en billes et n’a pas partout de filière simple pour être repris.

Citeo estime que le PSE de calage d’électroménager représente environ 15 000 tonnes par an et que moins de 20 % est trié. Le problème n’est donc pas seulement que ce matériau existe : c’est qu’il arrive massivement chez les ménages alors que son captage reste faible.

L’ADEME indique que les gros morceaux de polystyrène doivent plutôt être déposés en déchèterie, mais que leur acceptation varie selon les lieux. En pratique, une partie des particuliers se retrouve donc avec un emballage volumineux que le bac de tri ne reprend pas toujours et que la déchèterie locale n’accepte pas forcément.

Le PSE est composé à 98 % d’air : il remplit vite les poubelles, les locaux de stockage, les bennes et les camions. Citeo indique que 15 % des déchèteries sont équipées pour le reprendre et que les recycleurs en captent moins de 5 %. On vend un produit, on laisse le déchet aux ménages et aux collectivités.

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La solution

Interdire, après un délai d’adaptation, la mise sur le marché en France de produits emballés avec du polystyrène expansé ou extrudé de calage ou de transport, y compris lorsqu’ils sont importés, sauf exception technique justifiée.

Ce qui serait interdit

La mesure viserait les emballages et calages en polystyrène expansé ou extrudé utilisés pour transporter, protéger, remplir ou immobiliser un produit vendu en France. Seraient concernés les blocs de calage, coins, plaques, mousses de remplissage, formes moulées et éléments équivalents placés dans les cartons de meubles, d’électroménager, d’équipements électroniques ou d’autres biens de consommation.

L’objectif n’est pas d’interdire un produit fini parce qu’il contient du polystyrène dans sa composition technique. L’interdiction porte sur l’emballage de transport et de protection qui devient immédiatement un déchet chez l’acheteur.

Produits français et produits importés

La règle doit s’appliquer à la mise sur le marché en France. Elle concernerait donc les fabricants, distributeurs, vendeurs et importateurs qui commercialisent des produits sur le marché français, quel que soit le pays où l’emballage a été réalisé.

Ce point est central : si l’interdiction ne concernait que les entreprises qui emballent en France, elle déplacerait le problème hors du territoire. Le consommateur recevrait le même déchet, et les producteurs français seraient désavantagés par rapport aux produits importés.

Délai d’adaptation

L’interdiction entrerait en vigueur après un délai industriel de 24 à 36 mois. Ce délai permettrait aux entreprises de revoir leurs cahiers des charges, de tester les alternatives, de modifier leurs lignes d’emballage et d’écouler les stocks déjà conditionnés.

Exceptions limitées

Des exceptions pourraient être prévues lorsque l’absence d’alternative est démontrée ou lorsque le calage en PSE ou XPS répond à une contrainte particulière de sécurité. Elles devraient être justifiées, limitées dans le temps et réexaminées.

Ces exceptions pourraient concerner certains usages médicaux, certains produits dangereux, des équipements pour lesquels la protection contre la casse engage une obligation de sécurité, ou des cas techniques où aucune solution de substitution n’est disponible à performance équivalente.

Contrôle et sanctions

Le contrôle relèverait du contrôle du marché, notamment par la DGCCRF et les douanes pour les produits importés. Les sanctions devraient viser la mise en vente de produits non conformes après l’entrée en vigueur de l’interdiction.

Articulation européenne

Le règlement européen 2025/40 sur les emballages harmonise une partie des règles applicables dans l’Union européenne. La France devrait donc sécuriser juridiquement la mesure, la notifier si nécessaire et porter en parallèle une évolution européenne. La cible reste la même : empêcher que des emballages de calage en PSE soient mis sur le marché français simplement parce qu’ils ont été posés ailleurs.

Qui peut décider : Le Parlement, par modification du code de l’environnement, avec sécurisation au regard du droit européen des emballages.

Ce qu'il faut pour l'appliquer

Ce n’est pas une subvention : c’est une règle de conception.

Le coût principal serait supporté par les metteurs sur le marché : fabricants, importateurs, distributeurs ou vendeurs selon les cas. Ils devraient remplacer le PSE ou XPS de calage par des solutions compatibles avec le transport du produit : carton moulé, cellulose, fibre, amidon ou autre matériau adapté.

Pour l’État, le besoin porte surtout sur l’écriture du texte, les décrets d’application, la définition des exceptions et le contrôle. Les administrations déjà chargées du contrôle du marché, dont la DGCCRF et les douanes pour les importations, seraient mobilisées dans leur champ habituel.

La filière de responsabilité élargie du producteur pour les emballages professionnels doit démarrer opérationnellement en 2027. Elle peut contribuer à rendre la règle lisible pour les entreprises concernées, notamment par les cahiers des charges, les déclarations et les écomodulations.

Un délai de 24 à 36 mois est nécessaire pour éviter une rupture brutale : les entreprises doivent modifier leurs spécifications, tester la résistance aux chocs, contractualiser avec de nouveaux fournisseurs et adapter leurs lignes d’emballage.

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Ce que ça changerait

Ce que ça devait changer

La différence se verrait directement à l’ouverture des cartons : moins de volumes blancs dans les emballages, moins de billes dans les poubelles, moins de trajets vers des déchèteries qui n’acceptent pas toujours ce déchet. La cible minimale connue est le PSE ménager de calage, notamment dans l’électroménager, estimé à environ 15 000 tonnes par an. La mesure anticiperait aussi l’objectif européen de réduction de l’espace vide dans les emballages, plafonné à 50 % en 2030 par le règlement 2025/40.

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Le débat

Les arguments pour

Prévenir plutôt que trier un déchet mal capté. Le meilleur déchet PSE est celui qui n’entre pas chez l’acheteur. Citeo indique que moins de 20 % du PSE de calage est trié. Continuer à demander aux ménages de mieux trier ne suffit pas si la filière reste difficile à capter et si le matériau se fragmente avant même d’être déposé.

Éviter un transfert de charge vers les particuliers et les collectivités. Le PSE est léger mais très volumineux. Il prend de la place dans les logements, les poubelles, les bennes et les camions. Quand la déchèterie ne le reprend pas ou que le centre de tri le refuse, le coût pratique retombe sur ceux qui n’ont pas choisi l’emballage.

Traiter les produits importés de la même manière que les produits français. Une interdiction limitée aux emballeurs situés en France serait injuste et inefficace. Elle pousserait à emballer ailleurs, sans supprimer le déchet chez l’acheteur. Viser la mise sur le marché place les produits vendus en France devant la même règle.

S’appuyer sur des alternatives déjà utilisées. Le carton moulé, la cellulose, la fibre ou l’amidon existent déjà pour protéger certains produits. L’ADEME cite par exemple des solutions de cellulose moulée destinées à remplacer des calages en PSE dans des usages industriels. Il ne s’agit pas d’attendre une invention, mais de généraliser des choix d’emballage moins problématiques.

L'objection

Le polystyrène se recycle déjà, il faudrait seulement mieux organiser la filière.

La réponse de l'auteur

Le recyclage existe dans certains cas, mais il ne règle pas le problème principal : le captage reste faible. Citeo indique que moins de 20 % du PSE de calage est trié, que 15 % des déchèteries sont équipées et que les recycleurs en captent moins de 5 %. Pour un matériau qui se fragmente facilement et prend beaucoup de place, la prévention est plus fiable que l’espoir d’un tri parfait.

L'objection

Sans PSE, les produits fragiles arriveront cassés.

La réponse de l'auteur

La proposition prévoit un délai d’adaptation et des exceptions techniques justifiées, notamment lorsque la sécurité du produit l’exige ou lorsqu’aucune alternative n’est démontrée. Elle ne demande pas d’expédier des appareils mal protégés. Elle oblige à remplacer le PSE quand d’autres solutions de calage peuvent assurer la même fonction.

L'objection

Les emballages alternatifs coûteront plus cher et les prix augmenteront.

La réponse de l'auteur

Le coût précis dépend des produits, des volumes et des chaînes d’emballage. Mais le coût actuel existe déjà : il est simplement déplacé vers les ménages, les collectivités et les déchèteries. Une règle commune à tous les produits mis sur le marché français évite aussi de pénaliser seulement les entreprises françaises.

L'objection

La France ne peut pas décider seule à cause du droit européen.

La réponse de l'auteur

C’est un point juridique réel. Le règlement européen 2025/40 harmonise une partie des règles sur les emballages. La mesure doit donc être sécurisée, notifiée si nécessaire et portée aussi au niveau européen. Mais cela ne justifie pas de renoncer : la votation donne un mandat politique clair pour modifier la loi française et défendre cette évolution dans l’Union européenne.

Ce que l'auteur a écarté, et pourquoi

Se contenter d’une meilleure consigne de tri : écarté. Le problème n’est pas seulement l’information du consommateur. Citeo signale un captage difficile, un tri inférieur à 20 % et une filière de reprise très limitée. Une consigne ne suffit pas quand la solution matérielle manque.

Attendre les règles européennes de 2030 : écarté. Le règlement européen 2025/40 prévoit de limiter l’espace vide dans les emballages, mais il n’interdit pas à lui seul le PSE de calage. Réduire le vide est utile, mais cela peut laisser subsister le même matériau, avec les mêmes billes et les mêmes difficultés de reprise.

Interdire seulement aux entreprises qui emballent en France : écarté. Cette option serait plus simple à écrire, mais elle serait injuste et inefficace. Un meuble ou un appareil emballé à l’étranger arriverait toujours avec du PSE chez l’acheteur. La bonne cible est donc la mise sur le marché en France.

Mettre en place une reprise volontaire en magasin : écarté comme solution principale. Elle peut aider à court terme, mais elle laisse le déchet exister et dépend du bon vouloir des enseignes. La proposition retient une règle de conception, applicable à tous les metteurs sur le marché.

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Qui est concerné

Ménages : premiers bénéficiaires. Ils recevraient moins de gros blocs de calage, moins de billes de polystyrène et moins de déchets difficiles à déposer.

Collectivités et déchèteries : bénéficiaires indirectes. Elles auraient moins de volume à gérer pour un matériau dont l’acceptation varie aujourd’hui selon les territoires.

Fabricants, distributeurs, importateurs et vendeurs : principaux acteurs chargés de l’application. Ils devraient revoir leurs cahiers des charges d’emballage, choisir des alternatives et s’assurer que les produits vendus en France respectent la règle.

Entreprises françaises d’emballage : concernées, mais protégées d’une concurrence déloyale si la règle vise bien la mise sur le marché. Les produits importés seraient soumis à la même exigence.

Filière du PSE de calage : perdante sur ce débouché. La mesure réduirait la demande pour les blocs, plaques et formes de calage en polystyrène.

Filières carton, cellulose moulée, fibre et matériaux de substitution : bénéficiaires potentielles. Elles pourraient gagner de nouveaux marchés si leurs solutions répondent aux contraintes de transport et de protection.

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Sources et références

7 sur 7

Comment aider à faire connaître cette votation

Partagez la votation avec une photo du polystyrène reçu dans un colis, ou avec ce texte prêt à copier-coller :

Je soutiens l’interdiction du polystyrène de calage dans les emballages vendus en France, y compris importés. On ne doit plus recevoir un meuble ou un appareil avec un déchet impossible à gérer. Votez et partagez.

Version courte :

Le polystyrène dans les cartons finit trop souvent en billes et en poubelle grise : soutenez la votation.

Modifications du dossier

Ce dossier a été modifié 1 fois depuis sa publication. La question soumise au vote, elle, est figée depuis le premier bulletin.

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